Emplois verts: au bout du chemin et encore tout droit
De nombreuses études sont lancées sur les futurs emplois liés à l’environnement. Jusqu’à il y a à peine 2 ans, lorsque je tentais de faire comprendre pourquoi il fallait s’intéresser de près à l’environnement (et oui, cette époque a existé), hormis bien sûr l’intérêt premier et primordial qui est de trouver une solution aux problèmes liés aux changements climatiques et à la santé, j’expliquais les choses ainsi: l’attitude de celui qui ignore l’environnement, est identique à celle qui aurait été d’ignorer l’informatique dans les années 80. Nous nous trouvons en effet à peu près dans la même dynamique que dans les années 80 à l’arrivée des Mac et des PC. Vu d’aujourd’hui, il était impossible de faire l’impasse sur l’arrivée de l’informatique dans le monde du travail. La vision était cependant plus pessimiste: l’informatique allait supprimer beaucoup d’emplois, beaucoup d’entre eux allaient ne plus exister comme celui de secrétaire par exemple. Non seulement ce métier n’a pas disparu mais il s’est enrichi de nouvelles compétences. C’est à peu près la même chose qui se passe. Nous assistons à un glissement des métiers. Dans le bâtiment par exemple, si j’illustre les choses avec le devenir des stagiaires de la formation de conseil en éco-habitat par exemple (et au passage je rappelle que c’est votre serviteur Init Environnement qui a créé en France la 1ere formation de conseil en rénovation écologique, et ce ne fut pas facile): lorsque l’on me demande quels sont les débouchés après la formation, je dis: le charpentier redevient charpentier, l’architecte redevient architecte, l’ingénieur redevient ingénieur, etc. Chacun évolue cependant vers davantage de polyvalence, on glisse vers des fonctions qui intègrent d’autres spécificités et du coup c’est comme un nouveau métier qui voit le jour. On n’est pas loin du métier de secrétaire qui avec l’informatique est devenue une véritable assistante ++.
Question visibilité du marché: les choses se mettent en place encore très doucement, le marché reste peu structuré. Les clients sont encore à la recherche de professionnels, il est vrai q’ils sont peu nombreux, mais dans l’ensemble, beaucoup de marchés sont perdus faute de trouver le bon professionnel qui peut y répondre. A l’ère de la communication, nous nous croisons et ne savons plus nous rencontrer: à quand le facebook de l’éco-construction.
Question des besoins: j’aborde là l’aspect besoin des clients et l’activité de service propre à l’environnement pour revenir sur mon sujet de départ, l’emploi dans l’environnement. Parce que parler d’emploi c’est avant tout se poser la question des besoins et la réponse sur l’emploi suit immédiatement.
Réfléchissons: quels sont nos besoins les plus immédiats? Sachant que nous avons moins d’argent et de plus en plus de besoins sinon autant de besoins, vers quoi vont s’orienter nos choix de consommation? Ainsi se pose la question non pas des nouveaux métiers mais des nouveaux services à développer. et lorsque je dis développer on entent bien là, développement de nouvelles entreprises. Qui va créer ces emplois sinon des entreprises nouvelles?
Cela signifie que si nous attendons les 600 000 emplois annoncés nous devrons attendre patiemment. En revanche, si nous raisonnons en terme d’entreprise à créer, 100000 par exemple, cela risque de bouger davantage: si de chercheur d’emploi patient désespéré et passif malgré moi, je deviens un entrepreneur actif , les choses bougent.
En conclusion, les banques, les Pôles Emplois, les services de la formation ont un rôle primordial à jouer, en offrant aux demandeurs d’emploi encore plus de moyens sécurisant pour créer leur entreprise. Il s’agira de redonner droit de cité à l’audace et à l’erreur .
Bonne route à tous, c’est pas toujours facile mais c’est possible.
